Familiarity. Fit. Fame. Le cas Markiplier | Macadam, Montréal
Familiarity. Fit. Fame. Le cas Markiplier.
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Familiarity. Fit. Fame. Le cas Markiplier.

Mark Fischbach, mieux connu sous le nom de Markiplier, est l’un des YouTubers les plus influents de la planète. Sa chaîne @markiplier compte 38 millions d’abonnés et dépasse les 20 milliards de vues cumulées. Ce créateur américain s’est d’abord fait connaître par ses vidéos de jeux vidéo marquées par un humour théâtral et une énergie débordante.

Mais là où la plupart des créateurs se contentent d’un succès éphémère, Markiplier a construit une marque personnelle durable. Il a élargi son univers : courts-métrages interactifs, podcasts, projets caritatifs, marque de vêtements (Cloak) et collaborations avec les plus grands noms du web. Son empire numérique lui a rapporté environ 38 millions $ US en 2023. Vous avez bien lu.

Markiplier

Ce succès n’est pas le fruit du hasard ni d’un algorithme bienveillant. Markiplier incarne ce qu’on pourrait appeller en stratégie de marque le triangle d’or : Familiarity, Fit et Fame. Trois leviers qui ensemble font passer une simple présence en ligne à une marque inoubliable.

Pour vous donner une idée de grandeur, l’émission hebdomadaire STAT est la dramatique la plus regardée au Québec avec une moyenne de 1 508 900 téléspectateurs. Une seule vidéo de Markiplier obtient une moyenne de 4 000 000 de vues. Un seul homme dans sa chambre.

Familiarity (ou être reconnu avant d’être choisi)

On pourrait le définir comme le réflexe cérébral qui nous pousse à préférer ce qu’on reconnaît. En neurosciences, on parle de l’effet de simple exposition (mere-exposure effect). Plus un stimulus est vu, plus il est perçu comme rassurant.

Markiplier l’a compris intuitivement. En plus de dix ans, il a publié plus de 5 700 vidéos, caractérisées par une voix grave reconnaissable, un ton théâtral, un montage rythmé et une relation directe avec la caméra. Sa constance crée de la confiance. Son public n’a pas besoin de réfléchir : il sait qui est Markiplier.

Les grandes marques utilisent la même mécanique. Coca-Cola, Nike ou Apple répètent les mêmes codes visuels et émotionnels jusqu’à devenir des réflexes mentaux. La familiarity n’est pas glamour, mais elle est le carburant de la préférence. En publicité, la répétition crée la mémoire, et la mémoire crée la préférence.

Fit (ou quand la marque devient un miroir)

Être reconnu, c’est bien. Être compris, c’est mieux. Le fit mesure la cohérence entre ce que la marque exprime et ce que son public valorise. Markiplier est perçu comme authentique, vulnérable, accessible. Il parle ouvertement de santé mentale, de deuil, de doute créatif. Il rit de lui-même, se montre imparfait, et c’est précisément ce que son public recherche dans un monde numérique trop lisse.

Selon la théorie de la congruence de Sirgy (1982), les consommateurs préfèrent les marques dont l’image correspond à la perception qu’ils ont d’eux-mêmes (ou à la personne qu’ils aimeraient être). Markiplier, comme Patagonia, ne vend pas un produit. Il vend une vision alignée sur ses valeurs : l’honnêteté, la résilience et la proximité humaine.

C’est là que se joue la magie du fit. La marque devient un miroir émotionnel. Le consommateur ne choisit plus pour le prix ni pour les fonctionnalités, mais pour la résonance.

Fame (ou quand la marque dépasse sa catégorie)

Ce dernier pilier transforme une marque visible en une marque culturelle. C’est le moment où la marque sort de sa catégorie pour devenir une référence sociale. Markiplier a transcendé son rôle de créateur YouTube pour devenir un symbole d’intégrité créative. Il est invité sur des plateaux, collabore avec Netflix, lève des millions pour des œuvres caritatives et influence d’autres créateurs. Sa notoriété ne repose plus sur ses vidéos, mais sur ce qu’il représente.

La fame, c’est la reconnaissance qui dépasse la transaction. C’est le moment où une marque devient un conversation starter. Et pour y arriver, il faut avoir bâti les deux premiers piliers.

Familiarity + Fit + Fame = la vraie valeur de marque

Markiplier n’a jamais acheté une seule impression publicitaire. Mais il a appliqué les lois qui fondent la publicité efficace. Il a bâti la familiarity en répétant ses codes et sa voix. Il a créé le fit en restant vrai, sans forcer le message. Et il a gagné la fame en transcendant sa catégorie, jusqu’à devenir un symbole de créativité intègre.

C’est exactement ce que les marques les plus fortes font à grande échelle. Elles investissent dans la répétition, elles respectent leur ADN, et elles cherchent à se hisser au-dessus de leur marché.

Dans un monde saturé de messages, la publicité ne sert plus seulement à vendre. Elle sert à rendre une marque familière, cohérente et inoubliable. C’est ce triangle d’or qui transforme un produit en symbole, une entreprise en repère, une marque en réflexe.

Et Markiplier, sans plan média, en est la preuve vivante.

 

À retenir
Markiplier prouve qu’une marque forte n’a pas besoin d’un plan média pour exister. Elle a besoin d’un message clair, d’une personnalité assumée et d’une constance à toute épreuve. En répétant ses codes, en restant fidèle à ses valeurs et en bâtissant une relation émotionnelle sincère avec son public, il a fait ce que les meilleures marques font depuis toujours : créer de la familiarity, du fit et de la fame. Ce triangle d’or, c’est le raccourci entre l’attention et la préférence, entre le message et la mémoire.

Marc-André Beauchemin

Marc-André Beauchemin

Marc-André a joint Macadam à titre d’associé en 2019. Passionné, organisé et curieux comme pas un, il a su développer et peaufiner au fil du temps ses connaissances en branding. Il est d’ailleurs l’auteur de plusieurs articles liés à ce sujet sur notre blogue. Au quotidien, il dirige des mandats de communication et collabore activement au développement de l’agence.

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