Ce n’est pas que le format court ne fonctionne pas. Il fonctionne très bien pour l’activation. Pour rappeler une présence. Pour amplifier un message. Le problème, c’est qu’on lui a tout demandé. Y compris ce qu’il n’est pas conçu pour faire. Bâtir une relation. Générer une émotion, rappeler un souvenir.
Pendant ce temps, certains acteurs de la culture populaire nous proposent un chemin différent. Joe Rogan anime des conversations de trois heures. Lex Fridman discute pendant quatre heures d’un même sujet. Des millions de gens les écoutent au travail, au gym, dans l’auto, pendant la préparation du souper. Ils ne consomment pas plus court. Ils consomment plus dense. L’attention longue n’a jamais disparu. Elle attend quelque chose qui mérite qu’on reste.
Le marché publicitaire revient doucement à la publicité qui raconte. À la publicité qui respire. À la publicité qui ose prendre le temps qu’il faut pour faire sentir quelque chose avant de faire comprendre quelque chose. Pas pour des raisons artistiques. Pour des raisons d’efficacité.
Le mythe de l’attention courte
On a répété pendant des années que l’humain aurait une attention équivalente à celle d’un poisson rouge. Huit secondes. Cette affirmation n’a jamais été prouvée. Elle est devenue une croyance pratique. On s’en est servi pour couper tout ce qui dépassait.
Pourtant, les comportements racontent une autre histoire. Les gens binge-watchent des séries entières et écoutent des balados en continu. Quand le contenu est bon, l’attention suit. Ce n’est pas la durée qui pose problème. C’est le manque d’intérêt.
Un format court peut générer un impact immédiat, mais il crée rarement un attachement durable. Le cerveau encode mieux ce qui possède une structure. Une tension. Un rythme. Un début, un milieu, une fin. Une émotion qui a la place d’exister.
Pourquoi les formats longs génèrent plus d’émotion et plus de valeur?
Une publicité longue offre quelque chose que les formats courts (30 secondes et moins) ne peuvent pas imiter. Du temps. Du temps pour installer une ambiance. Du temps pour laisser une phrase résonner. Du temps pour donner un sens à un geste, un regard, une musique.
Un format long crée trois effets qui comptent pour une marque :
– Il installe une tension narrative qui aide l’histoire à s’imprimer.
– Il donne de la crédibilité à l’intention et montre une marque qui assume son message.
– Il laisse une trace. Les émotions renforcent la mémorisation et la préférence.
Le cas Johnnie Walker.